Un combat quotidien non seulement contre la pollution et les déchets plastiques, mais aussi pour défendre la Tunisie, un pays pauvre illégalement envahi par les ordures d'un pays riche, l'Italie. Semia Gharbi, 58 ans, est une scientifique, éducatrice environnementale et militante tunisienne qui œuvre depuis des années dans les domaines de l'éducation à l'environnement et de la justice écologique. Elle est la fondatrice deAssociation pour l'éducation environnementale des générations futures L’AEEFG est une organisation non gouvernementale qui œuvre à sensibiliser le public aux risques liés aux produits chimiques dangereux et à promouvoir une économie plus durable et saine. Mais au cœur de son combat, tant sur le plan scientifique que du point de vue d’une militante écologiste, se trouve le trafic de déchets entre l’Italie et la Tunisie.
Le processus est bien huilé : des entreprises italiennes remplissent des documents présentant les déchets comme des matériaux recyclables légitimes, de sorte que des conteneurs chargés d’ordures, même dangereuses, quittent les ports italiens avec tous les papiers nécessaires, à destination des ports tunisiens. Là, des fonctionnaires locaux, souvent corrompus ou mal informés, les réceptionnent sans véritable contrôle, et à partir de ce moment, les déchets sont… abandonné dans décharges illégales, brûlés ou mélangés à d'autres déchets locaux, provoquant pollution des sols, de l'eau et de l'air.
Pour ne citer qu'un exemple, lié à une enquête menée par la justice italienne, au cours des mois de Mai, juin et juillet 2020, Entre Italie et Tunisie ils ont été envoyés Conteneur 282 de déchets étiquetés comme plastique recyclable mais qui contenaient en réalité déchets municipaux mélangés et non recyclables. Ces conteneurs, partis du port de Salerne et arrivés à Sousse, contenaient environ 7 900 tonnes de déchets Provenant de la région de Campanie, ces marchandises ont été déclarées frauduleusement, mais leur importation est interdite par la loi tunisienne et les conventions internationales.
- Gharbi a commencé par collecter documents officiels relatifs aux conteneurs importées en Tunisie, en les comparant aux réglementations locales et internationales (Convention de Bâle).
- Il a identifié des divergences entre ce qui était indiqué dans les documents (« plastique recyclable ») et ce que contenaient réellement les conteneurs (déchets municipaux mélangés, matières non recyclables et dangereuses) ; elle a documenté toutes ses réunions avec les différents acteurs de la chaîne d'approvisionnement, en montrant des photos des sites de déchets et de stockage, et a réussi à contraindre le gouvernement tunisien à renvoyer plus de 6 000 tonnes de déchets en Italie.
Grâce à cette activité, Gharbi a reçu le prix Goldman pour l'environnement, également connu sous le nom de « Nobel vert », en 2025.
Photo tirée de la page Facebook de Lab'ess.
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