Nous sommes vraiment un pays étrange. Daniele Bedini (sous enquête pour double homicide) et Zlatan Vasilijevic (auteur d'un double féminicide). Ils auraient dû être en prison et non libres de tuer leurs victimes.Ils purgeaient des peines, dont certaines définitives, pour vol qualifié, mauvais traitements et violences conjugales. Parallèlement, au 31 décembre 2021, 54 134 personnes étaient détenues dans les prisons italiennes, pour seulement 50 000 places disponibles. Des milliers de prisonniers sont incarcérés pour des délits mineurs et des peines qu’ils pourraient même purger en liberté. Nous assistons donc à un double gaspillage : d’une part, l’impunité, même pour des crimes très graves comme le féminicide ; d’autre part, surpopulationDouble gaspillage et double injustice.
Crimes non punis en Italie
I cambriolages à domicile En Italie, il y a environ 370 pour cent mille habitants (cinquième place au classement européen), et ce qui les rend encore plus insupportables, c'est le total l'impunité des coupablesMême lorsqu'ils sont identifiés, les enquêtes sont classées sans suite, faute d'auteurs, dans 97 % des cas. Les vols de voitures et de motos ainsi que la cybercriminalité restent totalement impunis : près de 100 % des cas. Il suffit de quelques secondes de réflexion sur ces chiffres pour comprendre à quel point les Italiens vivent la sécurité comme un deuil, une perte. La sécurité, en effet, ne se résume pas à l'absence de peur d'être agressé par des voleurs, mais inclut aussi la certitude que quiconque tente de s'y opposer sera sanctionné. Pendant trop longtemps, les partis de gauche comme de droite ont commis l'énorme erreur de sous-estimer ce principe fondamental. droits de citoyennetéLa gauche y voit un objectif de l'électorat de droite, tandis que la droite lui attribue des significations déconnectées de la réalité, comme la « chasse aux étrangers » démagogique. La démagogie va jusqu'à invoquer les armes (comme si cela pouvait résoudre le problème) au nom de la légitime défense, exigeant que nous devenions tous des citoyens armés jusqu'aux dents face à un État qui ne nous protège pas. L'autruche, quant à elle, mêle un piété superficiel au déni d'un problème auquel nous devons faire face : notre sécurité. Un bien précieux, parfois gaspillé. Dans le cercle vicieux de cette double hypocrisie, nous perdons de vue la réalité, la seule chose qui puisse nous permettre de garder les pieds sur terre et de réagir de manière appropriée, ou du moins utile et raisonnable. La réalité commence par deux chiffres : en Italie, les bars et les commerces subissent des pertes. 14 vols à main armée par jourUn toutes les deux heures. Des chiffres impressionnants qui montrent à quel point ces commerçants, souvent, à l'instar du barman d'une petite ville d'Émilie-Romagne, de véritables points de repère locaux, sont sous l'emprise de la criminalité. Petits, moyens ou grands commerces, peu importe. Il faut toutefois le dire. L'Italie n'est pas le Far West, et en tout cas, les vols dans les commerces ont diminué de 13,6 % (source : Istat) ces dernières années.
Urgence sécuritaire en Italie
Les vols ont diminué, tout comme la sécurité et la perception qu'en ont les citoyens : Comment expliquer cette apparente contradiction ? Où se situe le problème ? La réponse tient en un mot : impunité. Sur ces vols, qui surviennent au rythme d'un toutes les deux heures, nous ne parvenons à arrêter le coupable que dans la moitié des cas. C'est insuffisant, bien trop peu, malgré les efforts courageux de tant de carabiniers et de policiers qui font leur devoir au service de l'État. Et combien de temps peut-on maintenir en prison une personne condamnée pour meurtre ou tentative de meurtre ? Peu de chose, bien trop peu, comparé à la gravité du crimeSur les 10 000 voleurs (y compris les voleurs à main armée) arrêtés chaque année, en partie grâce au travail (insuffisant et mal rémunéré) des forces de l’ordre, moins de la moitié sont incarcérés au bout d’un an. Cela signifie que le principe civilisé de certitude de la peine est balayé d’un revers de main. Un système judiciaire qui n’enferme pas les coupables de crimes très graves, mais laisse au contraire les pauvres croupir en prison, est manifestement en faillite. Ceci est également dû aux lacunes habituelles du système de justice pénale, au fait que de nombreux magistrats considèrent cela comme une tâche mineure (comparée à la popularité acquise, par exemple, par les enquêtes politiques et anticorruption), et à un système judiciaire brutal qui, au milieu d’une multitude de lois, de règlements et de subterfuges inutiles, parvient presque toujours à garantir l’impunité des coupables. Même ceux des vols à main armée. C’est le même film, si l’on y réfléchit bien, que celui que l’on regarde concernant la corruption.absentéisme de masseLes cambriolages (dont 99 % restent impunis !) sont un fléau. C'est là que se déchaînent nos peurs et notre colère de citoyens. C'est là que l'État de droit s'effondre et que l'anarchie s'installe. C'est là que les adeptes de la violence, offensive ou défensive, sèment le chaos. Et c'est là qu'il est temps de réclamer : plus de sécurité pour tous, moins de criminels qui s'en tirent toujours impunément.
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