À Alzano Lombardo, à 7 km de Bergame, ville devenue symbole de la tragédie de ces trois derniers mois, se dresse l'une des plus belles basiliques de la région, de style composite, faite de marbre blanc, de bois et d'or. Elle surplombe la Piazza Italia, place principale de la ville, à l'intersection de la Via Fantoni, une ruelle étroite portant le nom d'une des plus anciennes familles d'artisans d'Alzano. Au numéro 49 de cette même rue se trouve une mercerie à l'ancienne, fréquentée par une clientèle âgée, où l'on vend pyjamas, textiles et sous-vêtements.
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MEUBLES HISTORIQUE D'ALZANO LOMBARDO
La Merceria, comme on l'appelle, est liée à la Piazza Italia non seulement pour des raisons topographiques : l'architecte qui a supervisé le réaménagement de la place centrale d'Alzano en 1855, Martino Attilio Nicòli, était l'oncle du premier propriétaire de la mercerie, fondée en 1856. Ce dernier la géra, l'ayant reçue en dot de son beau-père, jusqu'à ce que sa fille Jolanda prenne la relève en 1930. Et ainsi, comme un héritage familial, elle perdura jusqu'en 1977, date à laquelle Luigi Rossi, dit Gino, reprit la boutique. Depuis lors, il n'a jamais abandonné sa mercerie, toujours courtois, élégant et aimable, au service de sa clientèle. Il reste fidèle à son métier, malgré la concurrence des centres commerciaux.
Il y a quelques jours, après la levée du confinement, la mercerie a rouvert ses portes. Gino, 86 ans, hausse les épaules, comme si c'était tout à fait normal.

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GINO ROSSI, HABERDERIVER HISTORIQUE DE BERGAME
« Je ne suis pas mort, même si tout le pays a présenté ses condoléances à ma femme sur Facebook », a-t-il confié au Corriere. « Je vais bien, tout comme mon commerce. Nous étions simplement absents quelques temps. » En effet, cette entreprise, vieille de 156 ans, a traversé deux guerres, les sombres années du fascisme et, aujourd'hui, une pandémie. Gino n'a aucun doute : cela aussi passera et nous nous en remettrons bientôt. Son quotidien est rythmé par la vitrine où sont exposés pyjamas, sous-vêtements et chaussettes Lisle, et par son poste derrière le comptoir, qu'il a simplement aménagé différemment : gel hydroalcoolique, gants jetables, une affiche indiquant la distanciation sociale, cinq mètres entre les clients.
Gino Rossi n'est pas du genre à baisser les bras. Depuis son service militaire dans le Frioul, sa devise est « résister, résister, résister ». Fin décembre déjà, inquiet des nouvelles en provenance des villes et villages voisins, il a songé à fermer sa mercerie, mais par sens des responsabilités, il a décidé de rester ouvert pour approvisionner sa clientèle. Après tout, dit-il : « L'été approche, puis Noël. Cette mercerie a traversé bien des épreuves, mais la vie continue. »
(Image mise en avant de Corriere.it // Crédits photo : Corriere.it )
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