Fabio Clauser, le centenaire qui murmure aux arbres. Il fait naître l'amour des forêts dans les institutions.

Doyen des forestiers, passionné et tenace, il fut pendant trente ans administrateur des forêts casentiniennes, couvrant les provinces de Forlì-Cesena, d'Arezzo et de Florence. En désobéissant aux ordres, il parvint à créer l'une des premières réserves intégrales d'Italie, celle du Sasso Fratino.

Fabio Clauser

Le Octobre 23 2020 Fabio Clauser Il a eu cent un ans, un long voyage entre forêts et les forêts. En Italie, il est un symbole, le doyen de la recherche forestière, le père de la réserve naturelle de Sasso FratinoDéclarée site du patrimoine mondial en 2017, la première réserve naturelle italienne, créée grâce à ses efforts en 1959, revêt une importance stratégique car elle constitue un rare exemple d'écosystème quasi intact en Europe. C'est en effet lors d'une promenade parmi les hêtres centenaires que Clauser fut frappé par la beauté sauvage des paysages de cette forêt ancestrale, restée intacte pendant des siècles, et conçut l'idée audacieuse de créer une aire protégée, à une époque où les questions environnementales n'étaient pas toujours une priorité.

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FABIO CAUSER

Né en 1919 à Malosco, dans la province de Trente, il se passionna dès son plus jeune âge pour les arbres et les forêts, arpentant les pâturages verdoyants avec ses camarades éleveurs de vaches. Fils d'avocat, après avoir développé une véritable affinité pour la nature, il s'inscrivit à l'Académie des officiers de la Milice forestière, où il obtint un diplôme en sciences forestières. Ce n'était que le début d'un parcours linéaire et déterminé : il fut affecté à Novara, puis, après l'armistice, nommé directeur du Parc national du Stelvio. Refusant de rejoindre la République sociale italienne, il fut de ce fait exclu de l'armée, avant d'être réintégré après la guerre. Dès lors, sa carrière prit le tournant qui le caractérise encore aujourd'hui : celui de l'« insubordonné » qui, grâce à son intuition, nous a offert la beauté de la nature.Directeur du parc du Stelvio, chef du ministère de l'Agriculture et des Forêts et administrateur des forêts du Casentino de 1955 à 1973 : c'est précisément dans les années 1950 qu'il s'est trouvé confronté au choix de mettre en œuvre strictement le plan d'aménagement forestier qui prévoyait l'abattage des forêts sur les pentes du Sasso Fratino, au risque de perdre des hêtres vieux de 4 ou 5 siècles, contemporains de Christophe Colomb et de Léonard de Vinci, ou non.

Fabio Clauser

LE GARDIEN DU CENTENAIRE DES FORÊTS

Le refus catégorique de Clauser donna naissance à la réserve intégrale, dissuadant les administrateurs romains aveugles d'abattre les arbres. de cette partie de forêt ancienne. L'idée audacieuse est devenue réalité, recevant le diplôme du Conseil de l'Europe en 1985 et englobant une superficie de 113 hectares, contre 764 aujourd'hui. 

Les idées de Fabio Clauser ont toujours été novatrices et visionnaires : depuis les années 1950, il avait choisi d’étudier et d’appliquer Modèle européen de réserve intégrale, à une époque où la conscience environnementale n'était pas particulièrement répandue. Sa ténacité et sa conviction, alliées à une bonne dose de passion, lui permirent toutefois, au cours des décennies suivantes, d'obtenir des décrets ministériels ad hoc grâce auxquels les trésors du Sasso Fratino, dûment conservés et protégés, acquirent une notoriété considérable. intérêt international pour l'esthétique et le paysage capable d'attirer des scientifiques forestiers, des botanistes et des experts de la faune sauvage du monde entier, prêts à parcourir des milliers de kilomètres pour visiter les hêtres centenaires.

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L'HOMME QUI CHUCHOTE AUX ARBRES

Fabio Clauser est entré dans les forêts du Casentino comme jeune officier et ne les a jamais quittées, hormis de brèves périodes, au point d'y avoir passé sa retraite. Aujourd'hui, il vit avec ses chiens et sa femme, l'amour de sa vie. à Montalbino, à Pratovecchio, à quelques minutes d'Arezzo. Alors que le mot écologie était encore un concept exotique pour tous, il avait déjà élaboré d'importantes théories pour la conservation du patrimoine forestier italien, qu'il a rassemblées dans ses ouvrages. Son dernier livre, un récit autobiographique intitulé « Romanzo Forestale » (Roman forestier), est le témoignage littéraire d'un homme qui a toujours préféré murmurer aux arbres plutôt qu'aux hommes. Et qui, surtout, n'a jamais cessé de les aimer et de les protéger, avec un regard attentif au présent, mais aussi tourné vers l'avenir. Dans un entretien avec Courrier florentinEn effet, avec une clarté et un calme désarmants, il avait déclaré : « À mon avis, nous avons besoin d'une voix qui s'associe à celle de Greta Thunberg ; c'est-à-dire une voix qui donne la parole aux jeunes générations. Une voix qui s'associe à celle, plus ancienne, de Don Milani, qui a lancé à ses étudiants un impératif moral : « Je me soucie de la forêt. Nous nous soucions de la forêt ! »

(Image en vedette du portail Casentino Più // Crédits photo : Casentino Più)

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