Le préjugé l'emporte sur son contraire, le jugement. Ce dernier, en effet, fait preuve d'esprit critique, examine chaque aspect d'une chose avant de la juger, prend le temps de la réflexion et évite les slogans. Le préjugé, en revanche, se nourrit de simplifications, même complexes, et de la facilité à faire des blagues faciles, donnant des réponses plus émotionnelles que rationnelles. Le jugement, lorsqu'il est calme et convaincu, rassemble. Le préjugé, lui, éloigne et, par conséquent, divise.
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Comment éviter les préjugés
L'étymologie même du mot nous aide à comprendre combien la frontière est ténue entre préjugés et réalité, et donc entre mensonges et vérité. Ce mot dérive du latin prae, ce qui signifie en fait premier, et jugementou jugement. En bref : le préjudice d'une certaine manière, c'est une sorte de jugement précoce, bâties sur des fondements erronés, et donc en tant que telles pas fiableMais il reste encore un pas avant son contraire, ce jugement qui exige réflexion, connaissance et esprit critique. Même Albert Einstein, confronté aux préjugés, avait tendance à baisser les bras et à dire : « Il est plus facile de fendre un atome que d'abolir un préjugé. » Je pense toutefois que les préjugés peuvent être vaincus, et qu'il existe même des antidotes très efficaces, comme je tente de le démontrer dans cet article. À condition, cependant, que nous soyons d'abord capables de… reconnais le.
Les préjugés sont comme un virus. Moins les anticorps sont efficaces, plus ils se propagent, jusqu'à devenir endémiques. Par ailleurs, nous sommes tous, sans exception, exposés à ce risque, surtout dans un monde contemporain marqué par la précipitation et/ou la rapidité, et par un manque total de temps et/ou d'envie d'approfondir, de vérifier et de comparer. Tous ces éléments sont des antidotes aux préjugés.
Comment se forment les préjugés
Un travail éditorial original a réussi à mettre en lumière le préjugé, ainsi que son principal moteur – le cliché – dans une sorte de catalogue, agrémenté de commentaires d'auteurs divers. Il en a résulté un ouvrage (Il Pregiudizio universale, publié chez Laterza, sous la direction de Giuseppe Antonelli) aux multiples voix, mais unis par une même idée : déconstruire le préjugé et le cliché, et démontrer avec concision leur caractère infondé.
Le mécanisme de démolition fonctionne bien lorsque les préjugés analysés frôlent l'absurde ou le ridicule. Par exemple : les Africains sont paresseux, biblioteche Ce sont des endroits ennuyeux. Les femmes y sont mobiles. Au fond, les hommes sont tous pareils. Les immigrés clandestins sont tous des criminels. Un autre sujet, cependant, touche à des préjugés tout aussi profondément enracinés, que ce livre déconstruit avec des arguments excessivement catégoriques, opposant un préjugé à un autre – involontairement, certes, mais avec un effet paradoxal. Prenons deux exemples. Un chapitre est consacré à démontrer, arguments à l'appui, le caractère infondé de l'idée, largement répandue, d'un Nord colonisant le Sud. Dès la naissance de l'État unifié. Inutile de préciser qu'il s'agit d'un sujet complexe, et donc difficile à résumer en quelques pages, mais le livre présente plusieurs éléments qui devraient, à eux seuls, déconstruire ce préjugé. Le système agricole du Nord était plus avancé, le taux d'alphabétisation plus élevé, les infrastructures meilleures, le crédit plus accessible. Et alors ? Ces points d'observation, parmi lesquels il en manque un qui n'est pas exactement un détail (le niveau élevé d'industrialisation dans certaines régions du Sud), suffisent-ils à nier que le Sud ait subi une forme de colonisation, et donc de séparation, dont il ne se soit jamais affranchi ?
Le deuxième exemple concerne l'idée, ici rejetée comme un cliché ou un préjugé, selon laquelle lire des livres nous rend meilleurs. L'auteur du chapitre réfute la possibilité que les livres puissent nous modifier, d'une manière ou d'une autre. Il considère la lecture comme un facteur quasi neutre dans notre développement (cette idée ne risque-t-elle pas de relever du préjugé ?). Et sans tomber dans la rhétorique du plaisir de lire, des livres qui « libèrent », il est peut-être utile de rappeler la multitude de recherches scientifiques démontrant des améliorations concrètes, très concrètes, chez l'être humain grâce aux livres. Lire est bon pour le cerveau, cela renforce les neurones, améliore la mémoire, favorise les relations humaines et peut même avoir un impact sur… bonheurCes éléments ne nous permettent-ils pas d'affirmer, sans tomber dans le cliché, que la lecture de livres nous rend meilleurs ?
Comment se débarrasser des préjugés
Partant de là, et en revenant aux origines des préjugés, il est pertinent de réfléchir – et ce livre nous y aide grandement – aux causes et aux origines de ces préjugés, ainsi qu'aux raisons pour lesquelles nous sommes si souvent cernés, voire assiégés, par des débats publics et des conversations privées truffées de clichés. Nous ne réalisons même pas comment ce mécanisme alimente des effets secondaires, typiques d'un virus : généralisations, superficialité et simplifications, absence d'esprit critique. De plus, le préjugé, enrobé de clichés, exclut le doute, considéré comme un signe de faiblesse : or, c'est un levier essentiel pour être fort, solide, efficace et convaincant face à la complexité qui nous accompagne comme une prothèse corporelle.
Il existe cependant une part de sérendipité qui peut transformer les préjugés et nous permettre de faire de nouvelles découvertes précieuses. Anton Tchekhov l'avait bien compris lorsqu'il écrivait : « Les préjugés, comme toutes les laideurs de la vie, sont utiles, car avec le temps ils se transforment en quelque chose d'utile, comme le fumier en humus. » En pratique : un préjugé peut susciter une discussion, une analyse, qui conduit à… doutes et donc aux jugements plutôt qu'aux nouveaux préjugés. Avec le temps, dit Tchekhov. Malheureusement, nous en avons très peu, et nous l'utilisons souvent mal ou le gaspillons : c'est pourquoi aussi, comme des naufragés en pleine tempête, nous nous appuyons, corps et âme, sur le radeau du cliché préjugé.
Il existe des remèdes naturels et très simples pour se prémunir contre les préjugés. Ce sont de petits comportements, parfois insignifiants, mais très efficaces, surtout lorsqu'ils deviennent des habitudes, des modes de vie. Par exemple, le risque de préjugés disparaît lorsqu'on est capable de remettre en question ses propres opinions et soi-même, en adoptant un regard autocritique et impartial. De même, les préjugés se déconstruisent presque imperceptiblement lorsque l'esprit et le cœur sont ouverts, n'hésitent pas au contact et n'ont pas peur des différences d'autrui. Même en amour, la frontière entre jugement et préjugé est souvent franchie. « Je ne t'aime plus » est un jugement qui devient une reconnaissance de la réalité. « Nous sommes trop différents » est une forme subtile et quelque peu édulcorée de préjugé. Pour éviter de sombrer dans le bourbier des préjugés, il est important d'exercer continuellement… douteVous découvrirez une créativité unique et le désir de vous abandonner aux rencontres, de ne pas rester replié sur vous-même dans la solitude. De vivre en respirant l'oxygène que procurent les relations avec autrui.
Citations célèbres sur les préjugés
- Sénèque
Une opinion qui se mue en conviction inébranlable est à la base des préjugés. Nous nous barricadons dans une certitude, sans nous rendre compte que nous nous égarons dans nos raisonnements.
- Conchita Wurst
Avec le temps, malheureusement, les préjugés ne font que s'amplifier, à moins d'avoir appris à les contenir. La lucidité d'un enfant réside aussi dans sa capacité à regarder le monde, la vie et, surtout, les autres, sans préjugés.
- Descartes
Synthèse parfaite du seul remède efficace contre les préjugés : cultiver doutesN'ayez pas peur d'eux.
- Gabriel Garcia Marquez
Les préjugés sont une forme d'esclavage. Nous perdons la liberté de regarder les autres et d'établir des relations, l'esprit dépourvu de toute confiance en soi acquise sans une introspection approfondie.
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